Etude Wuest & partner printemps 2008.
Jean-Pascal Baechler, © Le Temps
23 avril 2008.
LOGEMENT. Dans sa dernière étude, le cabinet de conseil Wüest & Partner table sur une augmentation des prix et des loyers plus modérée cette année. Même sur l'Arc lémanique.
Le marché immobilier suisse ralentit. Dans l'édition de printemps de son rapport «Immo-Monitoring» publiée mardi, le cabinet de conseil Wüest & Partner table sur une hausse mesurée des loyers et des prix des appartements en propriété cette année en Suisse romande: de 1,7% à 3,2% suivant le segment et la région. Seule exception, les prix des villas sur l'Arc lémanique devraient se stabiliser... après 14,6% de hausse l'an dernier.
Le marché romand est le plus dynamique du pays. L'Arc lémanique est cher: plus de 5000 francs en moyenne le mètre carré d'appartement en propriété, plus de 220 francs par an le mètre carré en location ou plus de 6500 francs le mètre carré pour une maison individuelle. Il faut s'éloigner d'une dizaine de kilomètres du Léman pour voir le coût moyen des appartements en propriété reculer à moins de 4000 francs le mètre carré. Les prix remontent toutefois au-dessus de ce niveau autour de Neuchâtel, Fribourg et Yverdon-les-Bains, ainsi que dans quelques stations alpines.
L'arrivée de cadres liée à l'installation de sièges régionaux de multinationales, comme Cadbury Schweppes, contribue à soutenir la demande. La dynamique du marché n'a toutefois rien à voir avec l'emballement de ces dernières années. Au bord du Léman, l'augmentation du nombre de logements mis sur le marché aide à calmer le jeu. «L'incertitude quant à l'ampleur du ralentissement de la conjoncture y participe aussi», relève Hervé Froidevaux, économiste à l'antenne genevoise de Wüest & Partner.
Le risque subsiste
D'ailleurs, si les principaux paramètres économiques, comme la croissance ou les taux d'intérêt, venaient à changer, les pronostics devraient être révisés, souligne le rapport. L'incertitude est une conséquence indirecte de la crise des «subprime» aux Etats-Unis. Par contre, celle-ci n'aura pas d'effet direct, estime le cabinet. Les deux marchés sont très différents: la titrisation des hypothèques est presque inexistante en Suisse, alors qu'elle est très répandue outre-Atlantique. Combinée à des taux d'intérêt très bas, cette pratique, consistant pour une banque à revendre à d'autres investisseurs des créances, et donc à se dégager des risques, s'est traduite par un effondrement des standards de prêt et une bulle immobilière, dont l'éclatement crée une crise financière mondiale.
A l'inverse, s'il y a eu certaines poches de surchauffe, comme à Genève où les prix des maisons individuelles moyennes et grandes ont plus que doublé en moins de dix ans, il n'y a pas eu de bulle en Suisse. Des baisses de prix sont possibles dans certains segments de marché, mais elles seront limitées et les éventuelles pertes pour le secteur bancaire seront minimes, selon le rapport. De sorte que ce dernier - dans son ensemble - n'est pas aux abois et que sa capacité à financer des hypothèques reste entière. La concurrence sur ce marché met les emprunteurs à l'abri d'une hausse exagérée des primes de risques.